lundi 7 février 2022
l’intelligence artificielle va-t-elle tous nous mettre au chômage ?(Partie 2)
mercredi 2 février 2022
l’intelligence artificielle va-t-elle tous nous mettre au chômage ? partie 1
l’intelligence artificielle va-t-elle tous nous mettre au chômage ?(partie 1)
Si l’IA peut déjà remplacer l’humain sur des tâches manuelles et répétitives, elle sera bientôt capable de le surpasser sur les tâches les plus complexes et intellectuelles. Il ne s’agit que d’une question de temps.
Tout a commencé en 1978, avec le premier duel entre l’humain et la machine. C’est à cette époque que le super ordinateur IBM Deep Blue a vaincu le champion du monde d’échecs Garry Kasparov. Vingt ans plus tard, Alphago battait le meilleur joueur du jeu de Go, Ke Jie. Si Deep Blue n’a gagné que grâce à sa puissance de calcul et sa base de données, AlphaGo possède en outre une faculté d’auto-apprentissage. Tôt ou tard, l’IA surpassera l’humain dans tous les domaines. Ce phénomène est inexorable. La question est de savoir quel sera l’impact concret de cette technologie sur le travail, et comment y faire face ?
Retour sur les précédentes révolutions industrielles
Afin de mieux anticiper les bouleversements provoqués par l’IA, il est intéressant de revenir sur les précédentes révolutions industrielles. Cette mise en parallèle permet de comprendre comment se déroule cette transformation.
La première révolution industrielle fut initiée par la machine à vapeur, et s’est déroulée entre 1760 et 1830. La seconde est liée à l’apparition de l’électricité entre 1870 et 1914. La production traditionnelle a été remplacée par l’automatisation des procédés de fabrication moderne, avec pour exemple la chaîne de montage. Suite à ces changements majeurs, la quantité de production a littéralement explosé et des milliers de travailleurs peu qualifiés ont pu accéder au marché de l’emploi.
Par la suite, les nouvelles technologies comme l’informatique ont amorcé la troisième révolution industrielle. Alors que la machine à vapeur et l’électricité ont permis l’accès à l’emploi pour des qualifications minimes, les nouvelles technologies ont au contraire placé des barrières à l’emploi par la qualification.
Néanmoins, l’intelligence artificielle pourrait amener un bouleversement dépassant de loin celui des précédentes révolutions industrielles. Selon PWC, cette technologie va générer 15 700 milliards de dollars dans l’économie mondiale d’ici 2030.
Ceci est lié à la vitesse d’implémentation des solutions, pouvant être répliqué presque gratuitement dès la fin de leur développement. Et ce, sans contrainte d’expédition ou de re-fabrication. En outre, le taux d’investissement dans l’innovation de rupture est massif, car risqué, mais extrêmement lucratif.
Tout comme les technologies informatiques, l’IA risque de priver une main-d’œuvre peu ou moyennement qualifiée de trouver un emploi. Toute une jeunesse de masse risque de se trouver dans la même impasse.
L’intelligence artificielle va-t-elle détruire des emplois ?
L’IA assiste l’humain dans tous les secteurs
Vers l’automatisation du travail
Quels métiers seront pris par l’IA ? Les prédictions
D'abord, une vague globale de démissions depuis le printemps 2021 dans de nombreuses industries, dont la tech, à mesure que des salariés reconsidèrent leur approche à l'emploi (quête de sens, d'éthique, de meilleures conditions de travail, de mobilité géographique, de salaires plus élevés…). En août 2021 aux États-Unis, par exemple, 4,3 millions de personnes ont quitté leur emploi, selon le Bureau of Labor Statistics du pays. Un record. Et ce après des records déjà atteints les mois précédents. Un phénomène que plusieurs médias anglophones ont déjà qualifié de Great Resignation ("grande démission"). Dans la tech française, Numeum, syndicat professionnel de l'industrie numérique, estime qu'il manque encore chaque année 10 000 profils adaptés.
Dans combien de temps les métiers seront-ils remplacés ?
Un manque de formation
C'est là le deuxième obstacle : le manque de formation. Numeum estime aujourd'hui que les candidats ne seraient simplement pas assez formés aux métiers du numérique. Dans une industrie en plein essor, les entreprises cherchent bien à recruter, mais ne trouvent plus les bons candidats, qu'il s'agisse de développeurs, d'ingénieurs, de data scientists, d'informaticiens, des spécialistes du cloud, de la cybersécurité… À tel point que la pénurie de main-d'œuvre compétente représente désormais le principal obstacle à l'adoption de presque deux tiers des nouvelles technologies pour la majorité des entreprises (contre seulement 4 % en 2020), selon une étude du cabinet Gartner. Les dirigeants voient même ce manque comme une difficulté plus importante que les coûts de mise en œuvre de nouvelles technologies ou les risques de sécurité. Face à cela, la formation prend une place significative dans les ambitions de compétitivité technologique de la France : le plan France 2030 à 30 milliards d'euros d'Emmanuel Macron prévoit 2,5 milliards d'euros pour le recrutement et la formation.
Quels sont les métiers à l’abri de l’IA ?
Destruction créatrice : l’IA va-t-elle créer de l’emploi ?
Les métiers de l’IA
Déjà à l’heure actuelle, le déploiement de l’IA dans l’économie génère de nouveaux besoins en spécialistes de l’informatique et des mathématiques. En 2018, Airbus a recruté 250 personnes dans les métiers du digital dont des rôles d’ingénieurs en intelligence artificielle ou d’experts en Machine Learning. La digitalisation et l’intelligence artificielle impactent en profondeur la robotique, la maintenance, l’architecture industrielle ou l’automatisation.
Ainsi, cette technologie représente aussi une source d’opportunités avec un spectre plus large de possibilités d’embauches pour les diplômés. Les profils recherchés sont des experts hautement qualifiés, capables de faire de la programmation, et de développer des algorithmes. Les profils de Data Scientists sont recherchés par tous les organismes publics, grandes entreprises et startups afin de réaliser des prédictions. Parmi les principaux métiers de l’intelligence artificielle, on compte l’ingénieur en intelligence artificielle. Son rôle est de concevoir des programmes informatiques imitant la réflexion humaine. Il est à la fois chercheur et informaticien, et doit analyser le fonctionnement du cerveau humain sur un problème spécifique pour le reproduire au niveau du logiciel.
Ce spécialiste peut travailler dans une grande entreprise, un centre de recherche ou encore une startup. Ses domaines d’activité peuvent aller de l’informatique à l’armement, en passant par la production industrielle et une large variété de secteurs. Sa rémunération tourne en moyenne autour de 30 000 euros par an en début de carrière, mais peut rapidement doubler. Au-delà des métiers actuels, l’IA va aussi créer de nouvelles professions. Déjà en 2016, un rapport du forum économique de Davos prédisait que 65% des enfants entrant actuellement en école primaire exerceraient un métier qui n’existe pas encore.
Il y a une dizaine d’années, le premier iPhone a permis l’apparition de nouveaux métiers comme ceux de développeur d’application mobile ou responsable de la monétisation des jeux en ligne. À son tour, l’IA va permettre l’émergence de professions inédites.
L’intelligence artificielle requiert notamment des professionnels capables de la nourrir de données, de la maintenir, de remédier aux éventuels problèmes techniques. De nouveaux métiers liés à l’IA vont voir le jour et se développer, même si une large part de ces tâches pourrait être à son tour automatisée. Selon un article publié par le New York Times en 2019, les chercheurs en IA espèrent réussir à créer des systèmes capables d’apprendre à partir de volumes de données moindre. Toutefois, à court terme, le travail humain reste essentiel.
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